Samuel Levy

Samuel Levy

J’ai toujours, dessiné, depuis tout jeune, j’ai touché à tout durant des années (peinture, sculpture, installations,…) avant de revenir au dessin. Par la suite j’ai fréquenté quelques établissements artistiques en Belgique mais je n’ai jamais suivi de cursus complet, chaque école pratique une sorte de formatage qui réduit l’individu à un seul mode de pensée, à une vision étriquée de ce qui nous entoure.

J’ai toujours fonctionné en autodidacte, comme s’il avait fallu après avoir étudié et emmagasiné toutes ces choses, les digérer pour faire place à une vision plus
personnelle des choses. La collaboration avec des univers différents tels que le graffiti est récurrente, je pense que c’est souvent de ces expériences que naissent les meilleures combinaisons. Je travaille régulièrement avec d’autres graffeurs, même si je ne graffe pas directement, mon travail est empreint de cette culture depuis très
longtemps.

Je suis très à l’écoute de ce qui m’entoure, médias, images, énergies,… Ce rapport au processus est très important pour moi. Je me sens comme un catalyseur d’énergies, j’ai le sentiment d’emmagasiner des éléments divers, je les laisse s’imposer et elles sont ensuite mixées et retranscrites sur la toile. Je travaille sans idées préconçues, sans concept établit, c’est le rapport énergétique, l’interaction entre les éléments externes et l’oeuvre qui m’intéresse.

L’art est une sorte de vecteur qui permet à l’homme –par le biais d’outils plastiques- de rendre visible l’invisible, il offre une vision moins étriquée du monde extérieur, et il nous renvoie souvent une image plus vraie de nous-même. Les dessins au stylo bille renvoient aux dessins automatiques, aux dessins d’enfants ou au graffiti, le style n’a pas d’importance, c’est le rendu de l’image et l’effet produit qui m’intéresse. Après avoir peints pendant plusieurs années j’ai voulu réduire la palette d’outils afin de me concentrer sur l’essentiel, c’est de cette façon que je suis revenu au dessin et ensuite au bic.

Le choix des matériaux est aujourd’hui déterminant, j’utilise essentiellement des matériaux que je qualifierais ‘d’universels », tout le monde écrit ou dessine au bic, chacun a des post-it chez lui à côté du téléphone… L’idée c’est de rendre le travail accessible tout en atteignant une performance graphique en utilisant ce que chacun à chez lui. Même si les derniers travaux mixent peintures, bombes et encres, le stylo bille reste l’outil de base. C’est lui qui module l’espace.

J’archive pas mal de sketches dans des carnets, c’est une activité régulière quotidienne. Lors d’interventions extérieures, ces croquis ou sketches me servent de base mais l’oeuvre réalisée est toujours du pure free-style, je préfère laisser le dessin s’adapter à un lieu, il se développe au fur et à mesure et c’est souvent dans cette liberté
d’agir que l’oeuvre prend toute sa dimension…